Présentation

Présentations Philippe Buil Sculpteur

Né en 1964, Philippe Buil a commencé sa vie professionnelle dans l’industrie des métaux, mais après quelques années, il a eu envie de mêler ses trois principales passions : les métaux, la sculpture et l’invention.
Après plusieurs mois de recherches, il a mis au point une technique unique qui lui permet de réaliser des sculptures en dentelle de métal. Ses deux matériaux de prédilection sont le Bronze et l’Acier.
Il obtient cette dentelle en faisant fondre le métal au goutte à goutte, ce procédé garantit que toutes les sculptures sont des pièces uniques.
Depuis 2019, il ajoute des parties en verre à ses sculptures, en utilisant la technique du fusing et du thermoformage. Les sculptures jouent alors avec la lumière et la couleur.
Au gré de ses inspirations, il y ajoute d’autres matériaux comme le cuir, la feuille d’or 24 carats, le bois ….
Ses sujets de prédilection sont les corps, mais on peut également retrouver des animaux ou d’autres sujets au gré de ses envies
Il réalise régulièrement des commandes publiques ou privées : luminaires de l’escalier d’honneur de la mairie de Saint-Etienne, masques d’escrimes pour la Fédération Internationale d’Escrime …
Il organise régulièrement des démonstrations dans son atelier de Saint-Etienne, les dates sont affichées ici

Le dripping de métal
Parler de Dripping en sculpture sans tomber dans un écoulement de peinture sur un support tridimensionnel parait être une gageure. Une action et un projet qui semblent relever d’un défi ou d’un pari.
Mais en observant de prêt, Philippe fond le métal et il s’écoule au goutte à goutte pour donner une forme hasardeuse.  La participation de tout le corps est présente et pas seulement l’intellect. Alors le paradoxe peut s’entrevoir, on sent le levé de rideau et il se révèle une solution à cette alternative.
Le Dripping, comme l’affectionnait Jackson Pollock, est un accès à une mémoire inconsciente, enfouie corporellement, archétypale. Un hasard divin évanescent mis en lumière et en forme.
La projection intériorisée classique ou abstraite puis dans le sable, figée dans l’espace du moule, reçoit par fusion, liquéfaction, les gouttes les unes après les autres. La perte de la maitrise et l’accès à une autre dimension sont les maitres mots du discours, d’une communication entre la sculpture et le sculpteur.
L’alchimie n’est pas loin : « ora et labora ». La table d’émeraude dit : « tu sépareras le subtil de l’épais avec grande ingénierie … il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et reçoit la force des choses d’en haut et d’en bas. »
Les creux et les bosses, les vides et les pleins, les accidents créent un jeu entre la lumière et l’ombre. Cette dentelle est une création suggestive qui fait appel à l’histoire idyllique, chimérique, archétypale, ou obscure, noire de chaque individu. Une histoire personnelle se régénère, recomposant l’œuvre. Elle réinvente sa propre histoire comme une alluvion trainée par le courant de la rivière, de la vie. Elle transforme de manière infinitésimale ou radicale, le Je individuel du créateur et du spectateur en une nouvelle revisitée.
Notre histoire personnelle, mémoires cognitives réelles ou racontées, se reconstruit à chaque goutte figée d’éternité.  Mais au travers de nos yeux, les dentelles deviennent solubles dans notre histoire personnelle qui est sans fin à l’opposé des contes dont on connait la fin. Même la mort, pourtant inéducable, n’aura pas raison de nos histoires personnelles racontées dans l’intimité ou au grand jour.
Cette propriété acquise et spécifique de ne jamais avoir de fin et le pouvoir de prendre un nouveau détour à chaque seconde, sont la source de la liberté individuelle. Toutes histoires cognitives refondues est le moyen de reconstruction de son monde, de notre monde.
Gnostiques et agnostiques se rapprochent comme les opposés se rejoignent. Dans cette forêt d’histoires réelles, idylliques, archétypales, consciemment ou inconsciemment construites, le rôle créatif de chacun, stimulé par le regard et l’émotion d’une œuvre à finir, fait grandir vers une liberté individuelle reconquise.
Le Dripping sculptural peut alors prendre vie et inspirer d’autres créatifs dans cette voix de l’esprit inventif.

L’ombre et la lumière
Il est rare de se trouver face à une création artistique qui par sa technique, sa force et son inspiration, devient dès le premier regard posé dessus, une évidence, une révolution et une référence. Les sculptures de Philippe Buil sont tout cela à la fois. Cet artiste français crée dans son atelier, aux allures de laboratoire d’alchimie, le lien entre l’ombre et la lumière. Sa technique unique au monde lui permettant de marier la noblesse du bronze à la force de l’acier et un aluminium revisité, ne se limite pas dans ses champs d’expérience à ces métaux et surtout les transforme en dentelles offrant un spectacle d’une danse toujours renouvelée des rayons de lumière les épousant. Les corps l’inspirent, réinventant les standards grecs et ouvrant notre regard sur la sensualité de courbes mises à nu. Il aime aussi travailler le monde animal à la manière d’un Buffon redécouvrant une zoologie magnifiée. Cet autodidacte, a vu rapidement son travail être reconnu et recherché dans le monde entier (USA, Suisse, France, Belgique, Canada…) et sa cote suivre la même ascension. L’évidence du caractère unique de cet artiste et de ses créations alliant la grâce et la force, l’intime et la sensualité, le sublime et le naturalisme nous transporte comme seuls les artistes majeurs peuvent le faire. Depuis plusieurs années dans des expositions nationales et internationales, il fait découvrir la magie de ses créations; tout en continuant à innover, rajoutant à chaque instant de nouveaux chefs-d’œuvre.
Gilles Rossary Lenglet

Article « L’alchimiste stéphanois » paru dans Saint-Etienne Magazine en septembre 2019.

Interview France Bleu Ecouter l’interview

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